DS N°8 électrique (2025) : séduire le haut de gamme

DS N°8 électrique (2025) : séduire le haut de gamme

Le N°8 de DS Automobiles ambitionne de séduire là où la DS 9 a échoué, en attirant les passionnés de voitures haut de gamme françaises avec notamment une allure tendance de SUV coupé. Mais a-t-il les moyens de ses ambitions ? Premiers éléments de réflexion.

Compétition avec les marques automobiles allemandes n’est pas aisée, surtout dans les segments supérieurs, une réalité que DS Automobiles connaît bien. La DS 9, malgré ses qualités, n’a jamais su inquiéter réellement ses concurrentes directes, telles que les Audi A6, BMW Série 5 et Mercedes Classe E, y compris sur le marché français. En 2023, seulement 344 exemplaires ont été vendus à travers l’Europe. À titre de comparaison, environ 32 000 exemplaires de la Série 5 ont été écoulés sur la même période.

Face à ce constat, DS redouble d’originalité avec un nouveau modèle, 13 ans après la DS 5. Ce nouvel ambassadeur de la marque n’est pas une berline traditionnelle, mais un SUV coupé, un créneau popularisé par BMW et adopté par Audi et Mercedes. Le N°8, qui se révèle aujourd’hui complètement, occupe ainsi une place différente de la DS 9 (segment E pour celle-ci, D pour le nouveau modèle) tout en prétendant offrir autant sinon plus. Ce pari sera-t-il réussi ?

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Un profile authentiquement coupé

Avec une longueur de 4,82 m, le N°8 se présente plus court de 11 cm par rapport à une DS 9. Pourtant, un empattement équivalent (2,90 m) promet un espace intérieur généreux. Avec une largeur équivalente (1,90 m, 1,93 m pour la DS 9) mais une hauteur accrue (1,58 m, soit +12 cm), DS a su optimiser l’habitabilité.

Nouveau DS N°8 électrique (2025)

Un espace intérieur spacieux

À l’arrière, il est possible d’étendre ses jambes sans contrainte, l’espace est ample tant en longueur qu’en largeur, et la tête trouve suffisamment de place. La banquette arrière, inclinée pour un confort optimisé, complimente cet espace. Sur un point mineur, glisser les pieds sous les sièges avant aurait pu être facilité, mais ce n’est qu’un détail. La place centrale ample et confortable, peut convenir pour des trajets courts.

Nouveau DS N°8 électrique (2025)

Un espace de coffre généreux

Le N°8 offre un espace de stockage optimisé grâce à la disposition avancée de sa banquette, maximisant ainsi le volume du coffre à 620 litres. Ce volume surpasse de 110 litres celui de la DS 9. À titre de comparaison, un Polestar 4, bientôt disponible en France, propose 526 litres seulement. Le petit compartiment avant n’apporte qu’une capacité supplémentaire minime de 15 litres, un atout dont le DS N°8 ne dispose pas.

Dimensions : un design plus allongé

Bien que plus compact que la DS 9, le N°8 se distingue par une allure de SUV coupé séduisante. Plus bas qu’un SUV conventionnel, il affiche une hauteur de 1,58 m, inférieure à celle du Peugeot 3008 (1,64 m). La garde au sol est également limitée : 15,5 cm contre 19,8 cm pour le 3008. Peu d’éléments typiques de SUV sont présents, hormis quelques protections discrètes, ce qui incline à considérer le N°8 comme une berline légèrement surélevée. Ce positionnement pourrait être perçu comme un mauvais présage vu les succès mitigés des Peugeot 408 et Citroën C5 X.

Inspiré du concept Aero Sport Lounge de 2020, le N°8 adopte une silhouette plus effilée. Cette approche tient compte de la perception actuelle des SUV et vise une meilleure aérodynamique, avec un coefficient de 0,24, proche du Tesla Model Y à 0,23, un impératif pour les véhicules 100 % électriques.

Nouveau DS N°8 électrique (2025)

Une apparence duale audacieuse

Le design du N°8 est fortement influencé par le concept Aero Sport Lounge, avec une face avant reconnaissable par son capot bas et large, une calandre éclairée et pleine, bien qu’elle ne soit pas standard sur tous les modèles. On y retrouve aussi des phares fins horizontaux, complétés par une signature lumineuse verticale, caractéristique de DS. À l’arrière, une empreinte lumineuse similaire maximise l’écoulement de l’air pour une performance aérodynamique optimisée.

Surprenant, DS a opté pour une peinture bicolore s’étendant jusqu’au capot, évoquant des marques de luxe telles que Maybach ou Rolls Royce, bien que cette option ne soit pas de série. Une version monotone sera disponible pour les modèles d’entrée de gamme.

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Nouveau DS N°8 électrique (2025)

Un intérieur séduisant

Les images de l’intérieur du N°8 avaient déjà été partagées il y a peu. Nous ne reviendrons pas sur le volant inédit à quatre branches ou l’atmosphère générale qui rappelle la DS 4, mais encore plus raffinée.

Des matériaux raffinés à l’honneur

Une inspection de l’intérieur confirme les impressions initiales : des matériaux nobles tels que le cuir Nappa, des matières de qualité non animales, de l’aluminium véritable, et des accords de couleurs harmonieusement regroupés. Le style accroche le regard, même pour les modèles considérés d’entrée de gamme, bien que cette appellation soit trompeuse puisqu’ils démarrent à environ 60 000 € (ouverture des commandes au début de l’année prochaine). Même les choix plus sombres, comme le cuir noir, bénéficient de touches de couleur pour égayer l’habitacle. Seule la commande de transmission, vue chez d’autres modèles du groupe Stellantis moins haut de gamme, pourrait dénoter.

Nouveau DS N°8 électrique (2025)

Une offre riche

Le DS N°8 se distingue aussi par son équipement technologique généreux. Ses phares matriciels, son tableau de bord numérique de 10,25 pouces, son écran tactile de 16 pouces, son affichage tête haute extensif, sa caméra infrarouge, et son système audio 3D intégré dans les portières sont remarquables. Parmi les touches inattendues, un chauffage de nuque, similaire à celui des cabriolets, renforce le confort et permet de maximiser l’autonomie de la batterie.

Nouveau DS N°8 électrique (2025)

Actuellement 100 % électrique

Basé sur la plateforme STLA Medium, aussi utilisée par le 3008, le N°8 pourrait accueillir diverses motorisations. Toutefois, seules des variantes électriques seront disponibles à son lancement.

DS vise à dominer avec une autonomie supérieure

Les efforts réalisés sur l’aérodynamique sont manifestes. Même sur la version de base de 230 ch, avec une batterie de 74 kWh, l’autonomie annoncée est de 572 km. Les modèles équipés de grandes batteries de 97,2 kWh promettent une autonomie exceptionnelle : 686 km pour la version avec quatre roues motrices (350 ch et 375 ch de puissance de pointe) et un impressionnant 750 km pour le modèle traction (245 ch et 280 ch de puissance de pointe). Sur autoroute, à une vitesse de 120 km/h constante, DS mentionne une autonomie potentielle de 500 km. Pour dépasser de telles performances, il faudrait se tourner vers des modèles nettement plus onéreux comme la Mercedes EQS, vendue à partir de 120350 €. Ces chiffres seront à confirmer en situation réelle.

Nouveau DS N°8 électrique (2025)

Lenteur de recharge, le talon d’Achille du N°8

Là où le N°8 pourrait souffrir, c’est sur le plan de la recharge. Avec son système 400 volts, il atteint une puissance de 160 kW, le même niveau que le 3008. Comparativement, un Model Y offre 250 kW et le Polestar 4 tourne autour de 200 kW. Néanmoins, DS précise que la puissance se maintient au fil du temps. Dans la pratique, passer de 20 % à 80 % de charge prend 27 minutes, mais les longs trajets devraient se dérouler sans encombre avec ce véhicule.

Une évaluation initiale encourageante

Le N°8 se présente avec une carrosserie qui pourrait bien attirer les Européens et les Français bien plus que la DS 9, une utilisation de l’espace optimisée, un style innovant et élégant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, des équipements à la pointe, un mode de production européen (à Melfi, en Italie) contrairement à la DS 9 qui était fabriquée en Chine, et des autonomies prometteuses. Tout cela pourrait suffire pour convaincre et écarter la nécessité d’une déclinaison hybride ou hybride rechargeable. Cependant, la question de l’image de marque persiste, un aspect crucial à améliorer. Un test de conduite viendra confirmer l’année prochaine si ces atouts se traduisent en sensations réelles au volant.

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